Réouverture des écoles : Responsabilité des enseignant·es

dimanche 10 mai 2020
par  SNUipp 44
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Le SNUipp-FSU en lien avec son cabinet d’avocat fait le point sur les responsabilités en jeu.

En l’absence de statut de fonctionnaire d’autorité, comme c’est le cas des chefs d’établissement du 2nd degré par exemple, un.e enseignant.e même s’il est en charge de la direction d’école ne saurait voir sa responsabilité “pénale” engagée si les préconisations du protocole sanitaire ont fait l’objet d’une volonté de mise en place de dispositifs adaptés.

En premier lieu, le directeur ou la directrice, seul.e, n’a d’autre responsabilité, conjointement avec le maire, que le recensement des prescriptions du protocole, préalable indispensable à la réouverture de l’école (page 10 du protocole sanitaire) ! En outre, il a aussi à assurer la communication auprès de parents sur les procédures à suivre en cas d’enfant malade.

Pour rappel en matière de responsabilité “civile”, qui concerne les réparations aux victimes, l’Etat se substitue à l’agent en cas de dommage causé aux élèves.

En matière pénale, qui concerne la répression des infractions à la loi, le fonctionnaire en répond personnellement à l’instar de tous les citoyens.
Néanmoins, seules deux qualifications pourraient être retenues : 
• “Atteintes non intentionnelles aux personnes” pour blessures (Articles 222-19 et 222-20 du Code pénal) ou “homicide involontaire” (Article 221-6 du Code pénal) 
• “Risque causé à autrui” (article 223-1 du Code pénal).

Dans les deux cas, la charge de la preuve est complexe. Il s’agirait que l’accusation prouve de manière cumulative : 
• la réalité de la cause et de la circonstance de la contagion (c’est X qui a contaminé) 
• la volonté délibérée de contaminer,
• l’absence de diligence normale (aucune mise en place des préconisation du protocole)
• ...

Au final, les risques de poursuites pénales sont hypothétiques et sauf à pouvoir prouver un acte de contagion intentionnelle et délibérée d’un personnel infecté, sauf à pouvoir prouver que cet acte est réellement et de façon certaine la source d’une contagion, les condamnations sont improbables.

Cela ne veut pas dire que des parents ne tenteront pas de déposer plainte. Mais il faudrait alors que le procureur de la république la retienne (le classement sans suite est la norme en la matière), décide de diligenter une enquête et que celle-ci aboutisse. 

Il appartient donc à chaque agent.e de signaler par écrit, via les différents registres obligatoires dans les locaux (RSST, DGI), à la hiérarchie tout obstacle constaté en matière d’application du protocole sanitaire : lors de la mise en place mais aussi lorsqu’il sera à l’épreuve de la présence des élèves et agents

Article droit de retrait, droit d’alerte

Pour rappel, la hiérarchie ne saurait donner une injonction “illégale”(voir ci-dessous l’art. 28 de la loi Le Pors*). En conséquence elle ne saurait “forcer la main” en demandant notamment de faire fi du problème ou d’appliquer une quelconque adaptation du protocole sanitaire.

Si tel était le cas, il convient d’une part d’exiger de la hiérarchie un écrit stipulant l’injonction jugée “hors cadre” et d’autre part de refuser toujours par écrit l’application de l’ordre donné au prétexte qu’il serait illégale au regard du protocole sanitaire.

Pour consolider la démarche, il est essentiel que l’agent.e ou mieux chaque agent de l’équipe remplisse une fiche RSST afin d’alerter les représentant.es de la FSU au CHSCT ainsi que le DASEN.


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