Préparer l’après dès maintenant pour s’éviter des lendemains qui déchantent.

dimanche 29 mars 2020
par  SNUipp 44
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En utilisant une rhétorique guerrière, E Macron cherche à se donner une posture de chef d’État incontournable, unanimement reconnu par la population, et à même de rassembler lors de cette crise sanitaire inédite et douloureuse. Après un an de Gilets Jaunes, trois mois de contestation majoritaire sur les retraites, son objectif est d’apparaître comme le rassembleur et rien de mieux que de parler de « guerre » pour tenter d’y parvenir.
Malheureusement pour lui, à l’heure des réseaux sociaux et de l’information continue, son discours militariste ne passe pas auprès des citoyen·nes. En effet, personne n’est dupe du retard pris par le gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire, des déclarations paradoxales des ministres, des appels non entendus au secours des salarié·es confrontés physiquement au covid-19. Répéter inlassablement que nous sommes en guerre ne cache pas la pénurie de masques, de tests, les coupes budgétaires à l’hôpital public, les fermetures de lits. Cela ne cache pas non plus les dégâts du néolibéralisme et d’une mondialisation toujours plus destructrice de droits prônés par E Macron lui-même. Par contre, cette guerre sanitaire aura déjà permis aux libéraux de revenir sous couvert d’état d’urgence sur les droits des salarié·es en rognant les RTT, les congés payés, en remettant en cause la durée du travail. Et, quand la ministre du travail ordonne aux salarié·es du bâtiment d’aller travailler sans se soucier de leur santé, on voit bien quelles sont les priorités : les profits et non la santé.

Alors, nous dire que plus rien ne sera comme avant laisse perplexe de la part d’un chantre du libéralisme, de la concurrence, du démantèlement des services publics, du ruissellement. La récession économique annoncée aura un coût et les milliards injectés par les gouvernements actuellement laissent à penser que sur le plan économique rien ne changera. On peut déjà s’attendre à entendre une autre partition guerrière, celle de la guerre économique pour redresser le pays, pour lutter contre la récession, pour assurer le paiement des dividendes. Les conséquences pour le monde du travail seront encore plus graves car tous les discours contre les 35 heures, les 5 semaines de congés payés, le statut des fonctionnaires seront d’actualité. La conservation des acquis sociaux sera au centre de l’après-crise sanitaire tout comme son financement. À ce titre, le gouvernement serait bien inspiré de rétablir l’ISF, et la flat tax comme il serait bien inspiré d’interdire tout versement de dividendes aux actionnaires pendant la durée de la récession puis de les taxer.

Il y a peu de chances que les logiciels économiques de la macronie évoluent à l’issue de cette crise sanitaire. L’exemple de 2008 le prouve facilement, rien n’a changé après la crise des sub-primes bien au contraire. La mondialisation s’est accélérée, l’écart entre les riches et les pauvres s’est accru, les crises sociales et migratoires ont augmenté. Et par ricochets, la contestation de ce néolibéralisme mondialisé s’est internationalisée en étant présente sur tous les continents.
Mais en parallèle de ces constats, le nationalisme et les pouvoirs autoritaires se sont renforcés dans le monde : Brésil, Hongrie, Philippines, Pologne ... Il convient donc d’être vigilant à ce qu’à l’issue de ces crises, la réponse politique ne soit pas celle de l’autocratie. Et quand on lit les propos de Geoffroy Roux de Bezieux, rapporté dans Ouest France sur « un régime autocratique – la Chine- mieux armé pour bloquer une pandémie que ne le sont les démocraties », il y a de quoi fortement s’inquiéter. Le nationalisme, le repli sur soi, le pouvoir autoritaire ne sont jamais mieux portants qu’en sortie de crise.

Il est donc de la responsabilité de chacun·e d’entre nous de réfléchir dès maintenant à l’après pour s’éviter des lendemains qui déchantent et pour peser réellement dans la perspective d’un autre monde résolument démocratique.
Celui-ci devra, entre autres, faire de la transition écologique une priorité, en renforçant les droits des salarié·es, en luttant contre la précarité et la pauvreté, en finançant les services publics à la hauteur de leurs missions et de leurs besoins, en réduisant l’écart entre les riches et les pauvres et en ayant une vision internationaliste d’égalité et d’équité entre tous les peuples.

Bernard Valin
Co-secrétaire départemental de la FSU 44


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