Bilan 1ere semaine : Fermeture des écoles

lundi 23 mars 2020
par  SNUipp 44
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Au sommaire de l’article :
1. Communication IEN-écoles (enseignant·es)
2. La continuité pédagogique
3. Permanences dans les écoles
4. Organisation de l’accueil des enfants de soignants
5. Investissement variable, on observe selon les communes
6. Réquisition ou appel à volontaires mercredis et week-end
7. Télétravail et charge de travail


1 : La communication IEN / écoles :

Dans l’ensemble, que ce soit en présentiel en début de semaine, ou sous forme de classe virtuelle, tous les IEN ont mis en place des réunions de directeurs/directrices. La communication se fait ensuite par mail ou par téléphone. Les IEN répondent presque toutes et tous aux urgences, mais certain.es restent injoignables et ne répondent plus ni aux mails ni au téléphone. Dans certaines circonscriptions, le traitement est inégalitaire d’une école à l’autre, certaines écoles se sentent complètement isolées tandis que d’autres sont très soutenues.
Dans certaines circonscriptions, les IEN savent doser leur communication, tandis que d’autres sont soit omniprésent.es voulant tout maîtriser, soit complètement absent.es.

La communication ultrahiérarchique (oubliant que le ou la directrice·teur n’est pas le ou la supérieur.e dans les écoles) du ministre aux enseignant·es via recteur, IEN et direction entraîne autant d’interprétations et d’injonctions parfois contraires. La communication ministérielle à l’opinion s’ajoute, inaudible et provocante pour les personnels de terrain. (continuité "pédagogique", présence sur le lieu de travail,...) L’information ruisselle mais l’information remontante peine. Elle est même parfois ignorée par l’IEN lorsqu’elle ne passe pas par l’adresse de la "direction".
Même lorsqu’il s’agit pour le recteur de remercier les personnels de terrain,l’adresse est aux IEN, aux chefs d’établissement, aux directeurs mais jamais aux personnels dans leur ensemble, individuellement !!!

Directeur, et directrice supérieur·e hiérarchique dans la loi pas encore mais dans les faits ça y est. L’ensemble des courriers hiérarchiques s’adressent aux collègues en charge de direction alors que des moyens existent de contacter l’ensemble des personnels d’une circonscription. Ainsi des enseignant·es sont oublié·es (remplaçant·es, titulaires secteurs,...) ou des messages n’arrivent pas ou très en retard.

Malgré la crise, les habitudes de fonctionnement martèlent une vision ministérielle claire : le·la directrice·teur supérieur·e hiérarchique.


2 : La continuité pédagogique
Les demandes sont très inégales d’une circonscription à l’autre. Certain.es IEN veulent contrôler la mise en place de la continuité pédagogique, ou demandent de démarrer les nouveaux apprentissages à une date précise.
Sur d’autres circonscriptions, le IEN sont dans la compréhension et parlent de garder le lien avec les familles les plus fragiles surtout celles qui n’ont pas accès au numérique, certains précisent que l’important est d’être dans la continuité d’activités, d’adapter les activités et la quantité de travail pour que cela reste soutenable pour les enfants et leur famille.
Le SNUipp-FSU44 souhaiterait que tou.tes les IEN passent la consigne qui a été donnée dans une circo : Prendre en compte la capacité à travailler seul.e et celles de la famille à l’aider, pour l’instant ne donner que des activités de réinvestissement, car vouloir faire faire de nouveaux apprentissages pose un problème éthique. Les inquiétudes se portent d’autant plus dans l’enseignement prioritaire ou le lien prime sur la continuité pédagogique qui ne peut avoir lieu qu’en classe et en présentiel, certain.es de nos IEN l’ont compris, pas tou.tes encore.
Les demandes de contact avec les familles sont également très variables : à certains endroits on doit appeler toutes les familles toutes les semaines, ailleurs on peut appeler seulement celles avec qui il n’y a pas de contact par mail…


3 : Permanences dans les écoles
Quand il n’y a pas d’accueil d’enfants de soignant.es, cela se fait par le directeur.trice ou un.e adjoint.e volontaire, de une à plusieurs fois par semaine. Les équipes s’organisent selon les besoins et les disponibilités des équipes.

4 : Organisation de l’accueil des enfants de soignants
Des regroupements dans de nombreuses communes se sont mis en place : ils permettent d’assurer la garderie avec moins d’enseignant.es. Dans les petites écoles où tou.tes les collègues ont de jeunes enfants, il n’y avait aucun volontaire. En milieu rural les communes ont dû organiser une seule garderie pour accueillir les enfants des écoles publiques et privées.
Les regroupements permettent aussi aux mairies d’avoir moins de personnels pour le périscolaire et le repas de midi, moins de locaux à nettoyer. Il s’agit de limiter des contacts et de respecter le confinement pour un maximum d’agent.es territoriaux.

Cependant, garder des élèves qu’on ne connait pas dans des locaux que l’on ne connait pas pose question, surtout pour les élèves de maternelle. La sécurité affective dont ils ont besoin en ce moment est-elle garantie en étant plus nombreux, plus loin de chez eux avec un nombre important d’adultes qui se relaient. Cela pose également des questions sur la sécurité liée à la transmission du virus.
Dans l’ensemble, beaucoup d’enseignant.es se sont porté.es volontaires, mais des collègues signalent par endroit des abus (un parent en télétravail et l’autre dans le corps médical). Les mesures minimales de précaution ne sont pas toujours prises. Ces enfants sont déjà plus exposés que la moyenne puisque leurs parents ramènent potentiellement le virus à la maison. Il n’y a généralement pas de masque ni de gants, respecter les gestes barrière, éviter que les groupes se croisent ne suffisent pas pour assurer la sécurité des personnels et des jeunes enfants. Certains enseignant.es volontaires se sont déjà désisté.es.
Les IEN interrogé.es sur le manque de matériel de protection ne répondent pas ou sont gêné.es par la question car ils n’ont pas de réponse et savent très bien qu’avec les plus jeunes, la distance d’un mètre ne peut pas être tenue alors que les contacts physiques sont permanents.


5 : Investissement variable, on observe selon les communes  
Personnel municipal pour les temps périscolaires et la pause méridienne
Personnel municipal en soutien aux enseignant.es sur le temps scolaire
ATSEM pour les enfants de maternelle
Aucun personnel municipal présent
Des masques et du gel hydro-alcoolique
Aucun matériel de protection (gel, masques)

L’organisation est donc extrêmement variable suivant les communes. Le nettoyage des locaux est parfois fait tous les jours, parfois une fois par semaine, ce qui est très insuffisant. Les jeux en maternelle sont désinfectés quotidiennement… ou pas !
Le SNUipp-FSU44 a alerté le DASEN pour lui rappeler que l’accueil des enfants de soignant.es devait être fait dans des conditions d’encadrement et de sécurité sanitaire satisfaisantes.

6 : Réquisition ou appel à volontaires mercredis et week-end
Les demandes sont arrivées vendredi dans la journée, aucune communication officielle n’ayant été faite, les enseignant.es ont été pris de cours, surpris par cette demande. Les demandes de famille de soignant.es sur ces créneaux sont encore peu fréquentes mais peuvent aller en augmentant.
Et pourtant, là où les besoins se sont fait connaître, les enseignant.es volontaires ont pris en charge ces gardes d’enfants, parfois en binôme avec un·e territorial·e. Cela peut se faire par plages de demi-journées. Les déplacements du week-end seraient considérés comme déplacements professionnels. A Nantes, c’est l’Accoord qui va exercer cette mission.


7 : Télétravail et charge de travail
L’impréparation, la pression de certain.es IEN pour la mise en place de la « continuité pédagogique », l’absence de matériel professionnel et les difficultés techniques ont été lourdes de conséquences pour cette première semaine, qui en aucun cas de doit se reconduire de la même manière.
Les retours sont :
Tout le monde travaille énormément et essaie de faire au mieux pour ne pas perdre le contact avec les familles.
Charge de travail très lourde et outils de travail limités ou insuffisants
Collègues déjà épuisé.es en milieu de semaine
Pas de repos, tout se fait dans l’urgence, pas de recul
Pas le temps de réfléchir à la mise en place de ces nouvelles modalités de travail
Pas le temps de nous organiser en équipe
Complexité à gérer télétravail et garde de ses propres enfants,
Recherches sur internet pour trouver des idées plus sympa chronophage,
Continuité en maternelle ?... c’est compliqué
réponses aux injonctions ou adaptation aux informations hiérarchiques très nombreuses car en évolution permanente

Il y a des parents très (trop) demandeurs d’activités, tandis que d’autres n’ont pas accès au numérique : Les écarts sont énormes dans le suivi des activités à la maison. Les enseignant.es en sont conscient.es et s’en inquiètent.
Il faut savoir gérer une charge raisonnable de travail et trouver l’équilibre entre les annonces d’un Ministre loin du terrain et des réalités familiales de nos élèves, loin des conditions de travail à distance des enseignant.es


Message de William MAROIS, du 20/03

Mesdames, Messieurs les directeurs d’école,
Mesdames, Messieurs les inspecteurs de l’éducation nationale du 1er degré,
Mesdames, Messieurs les chefs d’établissement,

Au terme d’une première semaine de fermeture des écoles et des établissements et de confinement, je remercie chacune et chacun d’entre vous très sincèrement pour la force et la qualité de son engagement. J’associe à ces remerciements l’ensemble de vos personnels, tout particulièrement les enseignantes et les enseignants dont je sais qu’ils sont pleinement engagés dans la mise en œuvre de la continuité pédagogique auprès de tous les élèves et notamment des élèves les plus défavorisés, ainsi que les personnels qui se sont proposés pour assurer l’accueil des enfants des personnels de santé dans les écoles et les collèges.



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