Stages de réussite : on dit non !

lundi 17 février 2020
par  SNUipp 44
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Les stages de remise à niveau ont été renommés stages de réussite. Sous cette nouvelle appellation, rien de nouveau. Cette année encore le SNUipp-FSU appelle à les boycotter

Les stages de remise à niveau ont été mis en place en 2008 en même temps que la suppression massive des postes d’enseignant·es spécialisé·es dans les RASED.
Un peu (sic !) comme si ces stages pouvaient « suppléer » la mort programmée des RASED.

Malgré nos multiples demandes, jamais nous n’avons pu obtenir de bilan « qualitatif » de ces stages...
Tout au plus obtenons-nous un bilan « quantitatif », du moins pour ce qui est annoncé par les écoles : pour ce qui est réellement effectué, personne ne sait, mystère...

Que dit le SNUipp ?
Le SNUipp appelle les collègues à ne pas participer aux stages de rattrapage

Pourquoi ?

- La difficulté ne sera pas résolue par les seules heures de soutien. C’est une imposture de le faire croire aux familles et à l’opinion publique. C’est une méconnaissance flagrante de la difficulté scolaire. Difficulté qui n’est pas le fait du / de la seul·e élève mais qui prend sa cause dans le système en général.

- L’Education Nationale doit offrir à tous les enfants la possibilité de résoudre ses problèmes sur le temps de classe.

- Le fait d’entrer dans un système d’heures supplémentaires annulera toutes discussions sur le salaire. A l’heure où le ministre souhaite redéfinir notre métier, il est légitime de se poser la question d’une revalorisation qui concernerait les enseignant.es volontaires pour ce genre de dispositif

- Parce que, " l’enseignant·e encadrant le stage doit pouvoir bénéficier d’un bilan des compétences de l’élève concerné·e, notamment au travers d’une extraction du livret scolaire unique du CP à la classe de troisième."
Nous ne pouvons donner raison à un gouvernement qui dégrade l’Ecole en s’appuyant sur le principe qu’il y a soit des enfants talentueux, soit des enfants en difficulté qui n’ont qu’à travailler durant leur temps libre pour y arriver.

N’oublions pas qu’en prétendant résoudre la difficulté par des stages nous cautionnons la politique qui consiste à se passer des RASED.

Pour le SNUipp, la nécessité de faire réussir tous les élèves à l’école passe par de toutes autres mesures :

abaissement des effectifs, développement du travail en équipe, plus de maîtres·ses que de classes, mise en place d’une formation continue de qualité, renforcement des réseaux d’aide spécialisée, prévention en maternelle... qui nécessitent d’autres choix politiques et budgétaires...

Décrocher la remédiation scolaire du temps d’école marque une rupture fondamentale dans les missions que l’école s’est assignée depuis plus d’un siècle.
Les stages de remise à niveau organisés aux congés de printemps ou pendant l’été remettent en question l’existence même des RASED et les missions des enseignant·es spécialisé·es.
De plus, ces dispositifs envoient aux familles un message disant que le « temps de classe » ne permet plus d’aider leurs enfants, avec même un risque de stigmatisation de l’échec scolaire.
Décrocher le temps de remédiation scolaire du temps scolaire, c’est aller vers la fin de l’école ayant pour ambition la réussite de tous et toutes les élèves.

Au delà des considérations personnelles propres à chacun·e,
Vu la nature même de ce dispositif,
Nous appelons les collègues à ne pas participer à la mise en place de ces stages.


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