PLUS DE CENT COLLEGUES DE L’ACADEMIE A NANTES AU STAGE FSU EGPA-ULIS

samedi 19 octobre 2019
par  SNUipp 44
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INTRODUCTION DU STAGE par Bernard Valin, secteur national ASH du SNUipp-FSU
INCLUSION, ADAPTATION SCOLAIRE, INTÉGRATION, différents termes, différentes notions ?

La notion d’inclusion scolaire est une définition apparue après la loi de 2005 sur le handicap. Dans un premier temps, on a parlé d’éducation inclusive. Ce terme s’est, au fur et à mesure, substitué à celui d’intégration. Il convient de noter que le terme « intégration » n’apparaît pas dans la loi de 2005. L’inclusion scolaire devient effective dans la loi Peillon de 2013, elle est inscrite dans le préambule donc incontournable maintenant.
La notion d’école inclusive signifie le droit pour tout enfant de fréquenter l’école ordinaire. Il s’agit d’une démarche radicale car on ne parle plus d’adapter les pédagogies ou d’intégrer sur des temps scolaires définis en amont mais bien de scolariser tous les élèves dans une communauté éducative unique qui accueille sur les mêmes bases. L’inclusion ne concerne pas que les élèves en situation de handicap mais aussi les élèves allophones, les élèves à haut potentiel intellectuel mais aussi tous les élèves qui à un moment ne rentrent pas dans le cadre scolaire. Le ministère voit l’inclusion essentiellement sous le prisme du handicap, ce choix politique s’explique en partie par le lobbying important des associations de parents d’enfants handicapés.

L’école inclusive est exigeante en moyens, en formations, en projets, en fonctionnement. En considérant l’école comme son propre recours, les ministères successifs font porter aux personnels de l’éducation nationale, aux enseignant.es principalement, la responsabilité d’une école inclusive réussie. On est passé en quelques années à la notion pédagogique d’individualisation à celle de différenciation. De même, en 2007, on indique que l’éducation inclusive doit s’effectuer à partir de pratiques novatrices, de réflexion pédagogique. En 2019, nous sommes confrontés à un ministère injonctif, qui nie la liberté pédagogique et contraint les enseignant.es à ses méthodes en décidant des contenus des animations pédagogiques, en imposant des évaluations normées. Les circulaires successives remettent profondément en cause nos missions. Pour les collègues d’ULIS collège, la circulaire du 21 août 2015 indique 10 élèves voire d’un effectif minoré selon le type d’ULIS et la norme actuelle devient 12 voire 14 et on peut aller jusqu’à la quinzaine dans certains départements. L’argument étant que l’ULIS étant une unité donc un dispositif soumis à un pilotage, la notion d’effectifs n’a plus de valeur car l’enseignant.es n’enseigne plus mais coordonne.
De même, la circulaire SEGPA de mai 2015 en préconisant une 6ème inclusive nie la difficulté scolaire rencontrée par des élèves en échec depuis plusieurs années. Elle remet la professionnalité des enseignant.es et leur savoir-faire en cause. Sous couvert d’inclusion, la circulaire risque d’aggraver la scolarisation d’élèves en rupture scolaire, aux parcours chaotiques et dont l’appétence à l’école est faible. La SEGPA malgré ses défauts permet la reconstruction d’une posture d’élève, une reprise de confiance en soi et un travail personnel sur une orientation post troisième. La volonté de démantèlement de la structure est forte mais reste au milieu du gué aujourd’hui car hormis les départements du Nord et de la Moselle, peu de départements ont fait de la 6ème inclusive l’alpha et l’oméga de la SEGPA.
Les EREA, eux, ont déjà vu leurs missions modifiées. La circulaire du 24 avril 2017 entérine la disparition de PE Éduc au détriment d’AED et l’internat éducatif spécificité française devient un internat ayant comme seul objectif de faire dormir des jeunes en rupture sociale et scolaire.

L’école inclusive est aussi soumise aux politiques de restriction budgétaire et à la logique comptable continue sur les services publics. Pour économiser des moyens, les ministres imposent des solutions : fermeture de postes en ESMS et scolarisation via les UEE en écoles, création de personnels ressources dans les circonscriptions. Ainsi, les enseignant.es de RASED se voient attribuer ces missions au détriment de l’enseignement aux élèves en difficulté grave et durable.

Un exemple concret de cette ubérisation des enseignements spécialisé et adapté est le contenu de la formation CAPPEI. Si pour les personnels du 2d degré, cette formation est plus favorable en volume horaire, elle baisse drastiquement celui des collègues du 1er degré. Mais, le principale danger réside dans la volonté du ministère de faire de l’enseignant.e spécialisé.e un facilitateur spécialiste de l’aide à l’inclusion scolaire. On change complètement de paradigme : l’enseignant.e n’enseigne plus, il-elle forme ses collègues la gestion d’une classe qui inclut. La professionnalité des enseignant.es spécialisé.es disparaît au détriment d’un travail de conseillers pédagogiques voire de pompiers car la tentation est grande d’envoyer les collègues spécialisé.es au secoursde collègues en souffrance face à l’inclusion ou à la difficulté scolaire.

Aujourd’hui, aucun échelon institutionnel ne souhaite répondre pourtant à une question simple, posée par de nombreux collègues : que faire pour un.e élève scolarisé.e dans ma classe ou dispositif qui n’en relève pas ? Elève d’ITEP scolarisé en EGPA sur un temps partagé ou un temps complet. Cette absence de réponse de la part de la hiérarchie montre bien l’écueil auquel sont confronté.es les enseignant.es. Et la formation CAPPEI n’y répond pas non plus. Par contre, le nombre de saisines de CHSCT augmente chaque année tant dans les classes ordinaires que spécialisées.

Enfin, on ne peut pas terminer cette courte analyse sur l’école inclusive sans dénoncer les projets ministériels de démantèlement de structures. Les objectifs concernant l’externalisation des unités d’enseignement, convenus avec les Agences Régionales de Santé concernent 50 % des élèves scolarisé.es en ESMS pour la rentrée 2020 et 80 % en 2022. Un rapport de l’Inspection Générale de 2019 préconise la fin des SEGPA, la transformation des directeurs.trices en chef.fes d’établissement et celles des enseignant.es en personnels ressources du collège.

Il ne s’agit pas de nier l’inclusion scolaire, elle s’impose à nous par la loi. Par contre, elle ne peut en aucun cas servir de prétexte à démanteler des structures qui fonctionnent, des pédagogies adaptées qui permettent à des élèves de s’émanciper, de se construire … La FSU et ses syndicats ont toujours fait le choix de s’appuyer sur les collègues et leurs vécus pour construire les revendications et mandats. Ce stage syndical sert à cela, et nous permettra d’aller en audience au rectorat pour défendre les enseignements spécialisé et adapté et les personnels concernés.

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