En quoi l’inclusion n’est pas la solution miracle pour lutter contre la difficulté scolaire grave et persistante ? par Bernard Valin

par Bernard Valin
dimanche 20 novembre 2016
par  SNUipp 44
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En quoi l’inclusion n’est pas la solution miracle pour lutter contre la difficulté scolaire grave et persistante ?

L’adaptation scolaire pratiquée en SEGPA permet à des élèves de renouer avec les apprentissages, avec le retour de l’envie d’être dans une situation d’apprenant. Elle leur permet aussi de disposer d’enseignements propres à leurs profils, à leurs parcours et de bénéficier de remédiations à leurs difficultés.
L’inclusion, imposée ou réfléchie, rompt cet équilibre fragile, ce nouveau lien créé entre l’élève en difficulté et une institution qui pendant plusieurs années n’a pas su/pu l’aider. L’inclusion n’est ni le remède miracle à la disparité scolaire ni le garant d’une plus grande égalité de réussite.

Pour les collégien-nes en grande difficulté scolaire, il est important de reconstruire un cadre sécurisant, propice aux apprentissages. La SEGPA le permet car elle bénéficie d’effectifs réduits, d’un personnel de direction propre, d’enseignant-es normalement spécialisé-es à l’adaptation scolaire. La tenue de réunions de coordination/synthèse hebdomadaires entraîne une dynamique de fonctionnement, d’échanges entre les enseignant-es, de recherche de solutions pour les élèves. La SEGPA n’est pas un dispositif d’inclusion, ce sont des classes à part entière avec des projets annuels, de la différenciation dans l’optique de rendre les élèves autonomes, moteurs de l’orientation à même de s’intégrer dans la société.
La SEGPA doit être incluse dans le collège : même cour de récréation, mêmes horaires, projets communs. Elle n’est pas à l’écart et elle doit permettre des passerelles pour des élèves qui prétendent à suivre des cours en classes ordinaires. La SEGPA n’est pas le ghetto que certain-es aiment décrire, elle est un élément de réussite scolaire qui nécessite des moyens spécifiques. Sa dilution voire sa disparition rendrait la scolarité de nombre d’élèves encore plus fragile et augmenterait le nombre de fin de scolarité post collège.

L’adaptation scolaire est clairement menacée par ce gouvernement. Toutes ses composantes sont attaquées. Ainsi, le terme « adaptation » disparaît du certificat issu de la réforme de la formation spécialisée. Le ministère parle uniquement de l’éducation inclusive. Le nombre d’heures de formation allouées aux PE diminue passant de 400 à 300 heures. On peut aussi rappeler la suppression de dizaines de postes de PE éducateurs-trices dans les EREA depuis 3 ans. Sans oublier, tous les postes de RASED supprimés par Darcos et non rendus sous la mandature Hollande, encore une promesse de campagne non retenue.

L’adaptation scolaire est menacée car elle est en conflit avec l’école du socle et tous ses supposés remèdes à la difficulté scolaire : l’AP au collège, les APC à l’école, le cycle école-collège, la formation initiale avec un recrutement à bac + 5, … L’école du socle est à combattre car elle ne résout en rien l’échec scolaire et ne s’intéresse pas aux élèves les plus fragiles. Le tri social est son objectif avec d’un côté les élèves qui gonfleront les rangs de l’apprentissage, de l’exploitation et de l’autre, les élèves issu-es des classes sociales favorisées qui obtiendront une licence universitaire. Et une fois encore, les élèves, issu-es des classes défavorisées, trinqueront et verront l’ascenseur social s’éloigner encore plus.

C’est donc collectivement qu’il faut rappeler la nécessité de l’enseignement adapté, de ses structures et de ses personnels spécialisé-es. L’adaptation scolaire est un élément prépondérant de la réussite de tous les élèves, la réduire est une erreur pédagogique.


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