FORMATION DES DIRECTEURS : une entreprise de propagande déconnectée des réalités du terrain

mercredi 24 juin 2015
par  SNUipp 44
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Il est tout à fait légitime et normal que les directeurs et directrices d’école bénéficient d’une formation pour exercer leurs fonctions. C’est une demande que le SNUipp-FSU a toujours portée.

Depuis plus de dix ans, l’administration a donc mis en place cinq semaines de stage pour les nouveaux directeurs d’école, qu’ils aient passé l’entretien pour être sur la liste d’aptitude ou qu’ils en aient été dispensés pour avoir fait fonction une année entière.
Ce qui pose problème, c’est le contenu de la formation et plus précisément le discours qui y est tenu. Il n’est plus seulement question dans ces formations d’animation d’équipe, de coordination, de fonctions administratives, de responsabilité pénale, d’obligations réglementaires de service. Nos collègues directrices et directeurs en formation sont aussi abreuvés de discours sur la "gouvernance", le "pilotage", "la bienveillance" et autres termes à la mode.
En fait, on leur demande, on leur enjoint, d’être des "chefs d’établissement", sans en avoir le titre, ni le salaire. C’est à un véritable détournement de cette formation que se livre l’administration.

Nos exigences pour la direction

La direction d’école nécessite des moyens en temps. Les décharges de direction accordées sont très insuffisantes. Toutes les écoles devraient bénéficier au moins d’un jour de décharge, d’une demi-décharge à partir de cinq classes, d’une décharge complète à partir de 10 classes. Une école de dix classes compte souvent autant d’élèves que certains collèges qui, eux, bénéficient de plusieurs postes pour la direction et l’administration.
La rémunération des directeurs doit être revalorisée. Elle est aujourd’hui très insuffisante, en particulier pour les écoles de moins de cinq classes.

Le statut : un piège

L’administration, les politiciens, mais aussi plusieurs organisations syndicales, appellent de leurs vœux un statut du directeur d’école calqué sur celui des principaux de collège.
Cette revendication est souvent associée au regroupement des écoles, car donner un statut à un directeur de cinq classes ne fait pas très sérieux.
Le SNUipp-FSU est opposé à un tel statut qui porte en germe autoritarisme et abus de pouvoir. Les établissements du second degré sont malheureusement souvent confrontés à ce type de dérives. C’est même aujourd’hui l’un des principaux problèmes rencontrés dans les collèges et lycées professionnels, là où les élèves sont les plus difficiles et les chefs d’établissement les moins expérimentés.
La FSU, dans le cadre du CHSCT est très souvent sollicitée par les enseignants du second degré, confrontés à des dérives autoritaristes qui entraînent une lourde dégradations des conditions de travail. Et il faut bien le dire, même les écoles ne sont pas exemptes de telles dérives. Alors, non ! Surtout pas de statut du directeur d’école !

La formation n’a pas pour but de nous vendre le statut

La formation des directrices et directeurs se déroule aujourd’hui comme si ces personnels étaient déjà des chefs d’établissement. Elle a manifestement pour objet de les convaincre de se comporter comme tels. Les directrices et directeurs en formation sont sommés d’être le relais des injonctions de la hiérarchie auprès de leurs collègues : c’est ainsi qu’on leur demande de mettre en place les stages de remise à niveau pendant les vacances, de vérifier si les APC sont effectivement faites par les enseignants de leur école. Bref, on leur demande de se comporter comme des supérieurs hiérarchiques.
Parallèlement, on les abreuve d’injonctions comme le "devoir de loyauté" ou "l’obligation de réserve". Rappelons que ces notions n’existent pas, en tout cas pas au sens où l’entend l’administration.
Tous les fonctionnaires ont évidemment un devoir de loyauté. Il s’agit d’une obligation morale de faire correctement son travail, de transmettre aux usagers les informations qui leur reviennent, d’informer la hiérarchie des problèmes qui peuvent se poser...
Il ne s’agit en aucun cas d’une obligation d’approuver, même par le silence, les décisions de l’employeur. Directrices et directeurs d’école, comme tous les enseignants, comme tous les citoyens, bénéficient de leur liberté d’opinion et d’expression. Ils peuvent critiquer et dénoncer les décisions de leur employeur. Ils peuvent donc pétitionner, faire grève, manifester, informer l’opinion, comme tout citoyen a le droit de le faire, ni plus ni moins.

Ne pas s’en laisser compter

Il est bien évident que nos collègues directrices et directeurs qui suivent la formation ne sont pas toujours en mesure de contester le contenu de celle-ci. Mais ils ne sont pas obligés d’être dupes.
C’est pourquoi il est indispensable pour tous les collègues qui suivent cette formation de garder un esprit critique, de ne surtout pas prendre pour argent comptant ce que leur disent les représentants de l’administration.
N’oublions pas qu’avant d’être des fonctionnaires, nous sommes d’abord des citoyen-nes !


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